Châtaigne ou Marron

La frontière entre les deux appellations est un sujet de débat incessant pour les ardéchois, et source de confusion pour beaucoup. Les châtaignes et marrons comestibles sont toujours issus du châtaignier qu’il ne faut pas confondre avec le marronnier, arbre d’ornement qui produit les marrons d’Inde, non comestibles.

Les experts font la distinction en fonction de la fréquence des fruits cloisonnés : lorsque l’amande se sépare en plusieurs parties après épluchage de la première peau. Les variétés cloisonnées à plus de 12% sont des châtaignes et les autres méritent l’appellation marron.
Cette subtilité échappe aux dictionnaires et à la législation qui autorise indifféremment les deux termes.

Au XIXème siècle, la châtaigne nourrissait les populations rurales défavorisées, et ne jouissait pas d’une bonne image. Le fruit a ensuite acquis ses lettres de noblesse avec le marron glacé, qui nécessitait impérativement l’utilisation de fruits non cloisonnés. Le terme marron s’imposera alors pour les produits transformés ou des gros fruits sélectionnés et calibrés.
Ainsi de nombreux auteurs utilisent le terme châtaigne pour décrire l’arbre et son exploitation, et préfèrent le terme marron pour en décrire toutes les utilisations.

Avec la réhabilitation de ce fruit traditionnel, la châtaigne, en référence à l’arbre et à son terroir, a été remise au goût du jour, et s’est finalement répandue dans les dénominations commerciales.

Les castanéiculteurs ont ainsi choisi de protéger l’expression « châtaigne d’Ardèche » à travers l’Appellation d’Origine Contrôlée.