L'entreprise

Sabaton : 100 ans de tradition

Un restaurateur inventif

Cuisinier de formation, Paul-Roch Sabaton cherche à diffuser ses créations en dehors de son restaurant, et construit une fabrique de conserves pour ses plats cuisinés. Rapidement il met à profit son installation pour conditionner des cèpes, truffes, et de la crème de marrons. Le début d’une grande aventure...

La première boîte de crème de marrons est vendue le 1er décembre 1909.

Les premièrs coffrets de marrons glacés sont expédiés le 9 décembre 1911. Les marrons sont alors confits dans des terrines en grés. Après une interruption pendant la première guerre mondiale, la fabrication des marrons glacés ne reprend qu’en 1922.

Si le succès commercial est au rendez-vous, la situation financière de Paul-Roch Sabaton reste tendue.
En 1925, Paul-Roch n’a d’autre solution que de trouver un partenaire financier.

Il s’associe à Jules Reynaud, un de ses fournisseurs, négociant-expéditeur en fruits à Lalevade d'Ardèche.
La marque Sabaton est conservée puisqu’elle jouit d’une bonne notoriété, et parallèlement la marque Reynaud est créée. Pendant toute leur collaboration, chacun des deux hommes cherchera à promouvoir sa propre marque, en se faisant concurrence sur le plan commercial.

L’emblème de la marque Sabaton reste le Pont d’Arc et Jules Reynaud adopte comme logo, le château de Ventadour.
Sous l’impulsion de Jules Reynaud qui connaissait bien la filière des producteurs et courtiers en fruits, l’entreprise développe une activité de pulpe de fruits en conserves. Ces pulpes étaient vendues à des fabricants de confitures.
L’exportation se développe, notamment vers l’Angleterre avec les myrtilles au sirop. Les myrtilles étaient très prisées dans les régions minières pour leurs vertus thérapeutiques réputées améliorer l’acuité visuelle. Les myrtilles au sirop étaient achetées par caisses entières par les mineurs, dont la vue pouvait s’altérer à force de travailler sous terre, privés de lumière naturelle.

Des marrons au sirop et de la crème de marrons sont régulièrement envoyés dans les pays d’Afrique du Nord, aux États-Unis, en Angleterre et en Égypte.
Pendant la guerre 39/45, la fabrication des marrons glacés est interdite, l’entreprise doit gérer la pénurie de sucre. A côté des produits contingentés à base de sucre, la société a la faculté de fabriquer des produits « libres ». Avec ingéniosité, une production d’ersatz de confiture s’organise. Les fruits ne manquent pas dans la région et les relations de Jules Reynaud, expéditeur en fruits, sont bien commodes. Les fabricants d’emballages étaient très sollicités, et une petite visite avec un panier rempli de beurre et de saucissons de l’Ardèche permettait d’obtenir les faveurs du fournisseur...
Les matières sucrantes les plus diverses ont également été utilisées, au gré des opportunités : cassonade, jus de raisin concentré, pâtes de goyave ou de mangue d’Afrique.

Même pendant la guerre, la saison des châtaignes était un moment important avec la fabrication de la crème de marrons. L’épluchage donnait du travail à l’ensemble du quartier. Tous les bras disponibles se rendaient à l’usine avant 11 heures 30 pour aller chercher des sacs de châtaignes de 30 kilos qu’ils rapportaient à la maison pour enlever le péricarpe (la première peau) avec un couteau. La famille entière s’y mettait, et même parfois les voisins qui venaient donner un coup de main.

Le pari de la qualité

Après la disparition des deux associés, Paul Sabaton, fils du fondateur rachète la totalité des parts de la société.
Il va investir sans relâche dans de nouveaux équipements. Progressivement, le développement commercial va s’orienter vers une clientèle de pâtissiers et à l’export.
L’année 1959 verra l’installation du premier autoclave de confisage qui améliore le procédé et la qualité des marrons glacés.

Les premiers marrons qui sortiront de cette nouvelle machine partiront au Liban sous forme de marrons confits au sirop. La société y a déniché un agent très efficace, et les expéditions se développent rapidement.
Deux ans plus tard, ce nouvel équipement servira à confire les premières écorces d’oranges.
Après quelques années de balbutiement pour trouver de bonnes écorces et mettre au point la recette adéquate, la qualité correspond aux attentes des pâtissiers et les quartiers d’écorces d’oranges vont connaître un succès durable.

Au fil des années, les pulpes de fruits destinées aux confituriers, vont être concurrencées par des produits importés, et dans les années 70, par les fruits surgelés, qui condamneront définitivement cette activité.
Même les myrtilles au naturel, qui ont permis à l’entreprise d’exporter régulièrement en Angleterre, ont perdu grâce aux yeux des britanniques qui se tournent vers la Pologne.
Heureusement, les produits à base de marrons connaissent un franc succès auprès d’une clientèle de pâtissiers, tant en France qu’à l’étranger.

En 1985, Sabaton met au point sa première machine à découper les écorces d’oranges en quartiers, initiant une période fertile de créations d’équipements spécifiques.
En 1989, Sabaton lance des écorces confites en lamelles qui deviennent une référence de qualité chez les chocolatiers.
En 1993, le déménagement de l’activité devient indispensable. Le manque de place devient de plus en plus préjudiciable à la croissance de la société. N’arrivant pas à trouver de solution permettant de conserver le site historique de Labégude d'Ardèche, la société déménage en 1998 sur la commune d’Aubenas
Les nouveaux locaux sont spacieux, cloisonnés, avec des circulations organisées, contrastant avec les anciens bâtiments où chaque mètre carré était occupé.
Dix ans plus tard, les locaux qui paraissaient immenses sont bien remplis, mais restent fonctionnels et adaptés, en tout cas pour le moment…